Zoanthropes – Tome 1 – La métamorphose

Chronique de Zoanthropes, une série à suivre de très près… !

La métamorphose est le premier roman de Matthias Rouage et le premier tome de sa série Zoanthropes. Et il s’agit d’un essai plutôt transformé !

Shina Sirkis vit dans un monde futuriste. Dans ce monde, les Zoanthropes sont apparus : des hommes ayant la capacité de se changer en hybrides, mi-hommes, mi-animaux. Ils sont traqués par les humains car ils sont dangereux et imprévisibles.
Shina et ses amis se préparent à entrer à l’université. Un seul test d’entrée est nécessaire : il ne se base ni sur les résultats scolaires, ni sur les capacités des candidats. Il faut simplement passer un examen médical qui déterminera si le gène de zoanthropie a muté ou non, si l’on est un Zoanthrope ou non. Si par malheur le test s’avère positif, l’hybride concerné participera bien malgré lui à la Grande Traque. Il sera muni d’un collier et relâché dans la ville où sa seule chance de survie sera de trouver le "technobus" qui peut le conduire en pays Zoanthrope. Si les humains le trouvent avant, il sera exterminé.

 
Shina redoute d’autant plus ce test car son père est un Intervenator, un chasseur de Zoanthrope, et qu’il n’hésitera pas à la tuer si nécessaire.
Shina se retrouve entraînée à ses dépens dans une histoire qui la dépasse et dont la clé se trouve dans son passé. Elle part  alors en quête de son identité, dans le pays des hommes-bêtes.

Que se passerait-il si une arme très puissante causait des mutations génétiques irréversibles ? Et si la Terre se retrouvait scindée en seulement deux continents ? Et si tout cela n’était causé que par l’hostilité et l’agressivité des humains ?

Voici le postulat de départ de Zoanthropes. Et dès lors tout s’enchaîne de manière parfaitement fluide. Le lecteur découvre un monde humain strict et très codifié, où l’ennemi c’est l’autre, le différent et où la méfiance règne en maître. Un monde pas si éloigné du notre finalement… On découvre ensuite qu’il existe un continent Zoanthrope, que l’on va comprendre grâce à Shina.
Shina sera finalement envoyée dans le technobus, et le lecteur assiste à toutes les remises en questions de ses présupposés, à l’écroulement de son monde et de ses certitudes. Petit à petit Shina va se découvrir et réaliser que toute son éducation est à remettre en cause. L’auteur le fait en douceur, et nous permet d’évoluer en même temps que Shina, de questionner ce que nous avons lu aux chapitres précédents.

Elle va rencontrer de nombreux protagonistes mais il est difficile de savoir à qui on peut se fier. Il est cependant regrettable que les personnages humains ne soient pas plus décrits : le lecteur ne ressent alors que de l’animosité envers eux.

Un roman qui, malgré quelques scènes prévisibles, parvient à nous surprendre et à nous faire voyager dans un futur pas si réjouissant. Le rythme est soutenu, les actions se succèdent, le monde futuriste n’en demeure pas moins réaliste et les personnages sont attachants et développés.

Mais l’action à elle seule ne suffit pas et Matthias Rouage l’a bien compris. En effet la force du roman réside également dans la réflexion qu’il propose et qu’il suscite. Propagande, crise identitaire, rejet de l’autre, ségrégation, organisation hiérarchique de la société… autant de thèmes fondamentaux chers à la science-fiction.

Vivement le tome 2 !


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