Illustration tirée de l'album "Le Portrait du Lapin" d'Emmanuel Trédez et Delphine Jacquot

Sous le sapin 2020 : Emmanuel Trédez

Nous avons demandé à plusieurs acteurs et actrices du livre des conseils de lecture jeunesse ou adultes, des pépites, des découvertes à placer impérativement sous le sapin ou à offrir autour de soi ! Voici ceux d’Emmanuel Trédez !

Mes Premières Lectures : Bonjour, et merci de prendre la parole sur le site ! Qui êtes-vous ?

Emmanuel Trédez : Je m’appelle Emmanuel Trédez et j’écris des livres pour enfants (albums, premières lectures, romans, documentaires…) depuis plus de vingt ans. Aujourd’hui, je consacre l’essentiel de mon temps à l’écriture.

Je suis entre autres l’auteur de la série Mes premières enquêtes chez Auzou, des romans Qui veut le cœur d’Artie Show ?, Hercule, attention travaux ! et La carotte se prend le chou chez Nathan, Ali Blabla et Double 6 chez Didier jeunesse.

J’ai également écrit deux recueils de textes humoristiques pour adultes au Castor astral.

Mon site : emmanuel-tredez.fr

Mes Premières Lectures : Quels sont vos coups de cœur et découvertes à glisser impérativement sous le sapin cette année ? (récents ou non !)

Emmanuel Trédez : J’ai beaucoup lu cette année, et les confinements n’y sont pas pour rien ! Parmi mes coups de cœur de l’année, je citerais :

Couleurs de l’incendie de Pierre Lemaître (Albin Michel)
Un immense plaisir de lecture !
J’ai retrouvé dans ce roman tout ce que j’avais aimé dans Au revoir là-haut : une intrigue bien ficelée, un arrière-plan historique bien décrit (l’entre-deux-guerres avec la crise de 29 et la montée du nazisme…), de beaux personnages… et l’humour grinçant de l’auteur, omniprésent !

Les Furtifs d’Alain Damasio (La Volte)
Parfois, le plaisir se mérite. Voilà un livre aussi fascinant qu’exigeant.
Là aussi, j’ai retrouvé l’auteur de la Horde du Contrevent que j’avais adoré.
C’est un livre qui déborde d’imagination et de poésie, notamment quand il est question des furtifs, ces incroyables créatures ; un livre militant aussi (un des personnages est visiblement le porte-parole de l’auteur) ; enfin, une sorte de laboratoire d’écriture, comme les précédents romans de l’auteur : il y a un gros travail sur la langue (quel déluge de mots valises !), les sons, la typographie, les voix des personnages…

Watership down de Richard George Adams (Monsieur Toussaint Louverture)
Un roman d’aventures pour ados (et donc pour tout le monde !) dont je n’avais jamais entendu parler, malgré les 50 millions d’exemplaires vendus dans le monde depuis sa publication, en 1972 !

Un groupe de lapins mené par le courageux Hazel et le visionnaire Fyveer fuient la destruction imminente de leur garenne pour s’établir ailleurs. Quand, après maintes péripéties, l’endroit idéal est trouvé, il leur faut encore y faire venir des hases pour assurer l’avenir de la garenne. Et ce n’est pas une mince affaire !
C’est un récit d’aventures prenant, émouvant, poétique.

Dans ce roman, ce qui est assez étonnant, et intéressant, c’est que les lapins ne sont pas anthropomorphisés : ils se comportent vraiment comme des lapins, même si l’auteur leur prête une intelligence et des sentiments humains. Il leur a aussi donné une langue, le Lapine (quand ils « farfalent », c’est qu’ils mangent à l’air libre), et une mythologie (qui tourne autour du légendaire lapin Shraavilshâ).

Mes Premières Lectures : Sur quoi travaillez-vous actuellement ?

Emmanuel Trédez : Au premier semestre 2021 paraîtront chez Auzou La nuit au manoir, le douzième tome de la série Mes premières enquêtes (illustrations de Maud Riemann), où les jeunes lecteurs seront invités à une fête costumée ; et L’énigme du tableau, le troisième tome de la série Mes enquêtes à l’école des détectives (illustrations d’Auren), qui a pour cadre le musée du Louvre, toutes les énigmes tournant autour des chefs d’œuvre qu’il recèle. Sortira aussi un roman ado pour Fleurus, que je viens tout juste de terminer, et un documentaire sur le foot, dans la collection Archidoc, chez Flammarion.

Dans la perspective de Noël, c’est Le Portrait du lapin que j’aimerais promouvoir : un bel album qui trouverait sûrement sa place sous le sapin.

Lapin a décidé d’envoyer son portrait à la belette qu’il courtise. Sur les conseils de son ami Cochon, il demande à maître Renard de le peindre sous son meilleur jour, et il le paye grassement. Hélas, quelque temps après, Lapin est déconfit en voyant le résultat, car sur la toile, il ne voit rien que du blanc. Impossible de l’avouer à ses amis qui le complimentent sur la belle facture du tableau. Alors peu à peu, il finit par se ranger à leur avis. Et pourtant…

Cette fable tout en rimes sur l’hypocrisie et sur le milieu de l’art est un clin d’œil aux Habits neufs de l’empereur, le célèbre conte d’Andersen. Les illustrations de Delphine Jacquot fourmillent de détails. Et elles sont aussi belles que malicieuses !

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