Rencontre avec Célia Flaux pour discuter d’Anergique !

Son nouveau roman, publié aux éditions ActuSF dans la collection Naos !

« Les lynes fument et boivent librement, mais pas les denas, car ces substances altèrent le goût de notre énergie. Parfois, ces sacrifices me pèsent. »

Mes Premières Lectures : Bonjour Célia et merci de prendre à nouveau la parole sur le site ! Pour commencer pourriez-vous vous présenter ainsi que votre parcours littéraire pour nos lecteurs ?

Célia Flaux : Bonjour ! Je suis autrice de romans, et de quelques nouvelles, qui se déroulent dans des mondes imaginaires plus ou moins proches du notre (science-fiction, fantasy et fantastique).

Mes romans se déroulent souvent dans des sociétés très rigides, avec des personnages qui se battent pour leur liberté. Ils éprouvent le besoin de mieux se connaitre et d’affirmer leur identité, ce qui me permet d’évoquer les différences, les préjugés, l’acceptation de soi et des autres.

Pour ma part, je vis parfois à Poitiers, parfois dans les nuages. Entre deux histoires, j’aime jardiner et plier des origamis.

Mes Premières Lectures : Votre dernier roman, Anergique, vient de sortir aux éditions ActuSF dans la collection Naos. Pouvez-vous nous résumer rapidement ce roman et revenir sur sa genèse ?

La couverture est signée Zariel

Célia Flaux : Je ne le résumerai pas, pour éviter de spoiler ! 🙂

Je peux toutefois vous confier qu’Anergique se déroule dans une version alternative de l’Angleterre victorienne et de l’Inde colonisée, dans un univers qui mêle steampunk et magie. Amiya, un jeune précepteur indien, suspecte le retour de la violeuse d’énergie qui l’a attaqué enfant. Il en avertit ses amis, Clement et Liliana, deux gardes royaux qui vivent à Londres. Ces derniers traversent la moitié du monde pour lui venir en aide, mais rien ne se passe pas comme prévu.

Pour moi, c’est pareil.

En 2011, je faisais une overdose de vampires et je me suis promis de ne rien écrire qui s’en rapproche. Muse l’a interprété comme un défi. Dans Anergique, les gens n’échangent pas du sang, mais de l’énergie. Leur nature énergétique régit la place de chacun dans cette société.

Mes Premières Lectures : Vous situez votre intrigue dans une Angleterre victorienne proche de celle que nous connaissons, avec cependant une différence de taille – un système de magie, de puissance énergétique particulière. Pouvez-vous revenir sur ce choix de période et de magie ?

Célia Flaux : J’ai choisi l’Angleterre victorienne car c’est une société dans laquelle les rôles entre les genres sont particulièrement marqués. Le caractère, le métier, la vie familiale, l’alimentation, les vêtements… le fait d’être un homme ou une femme détermine tout à la naissance. À cette époque, il existe des inégalités très fortes entre les pauvres et les riches, avec peu d’évolution possible. Les gens naissent dans des cases dont ils ne peuvent pas sortir.

Dans Anergique, c’est la nature énergétique qui détermine la profession, le rôle dans le couple, les goûts et les caractères supposés d’une personne. J’espère que ce critère artificiel interroge nos propres préjugés.

Mes Premières Lectures : Est-ce une manière d’aborder les préjugés, les supposées forces ou faiblesses, la résilience ?

Célia Flaux : Oui, je pense que les univers imaginaires remettent en question certaines idées préconçues. En changeant de perspective, notre société nous apparait sous un nouvel angle. La notion de force et de faiblesse dépend des circonstances et de ceux qui s’érigent en juges. Je me méfie de ceux qui valorisent les « gagnants », les « winner », les « star », car toute lumière possède sa part d’ombres.

Mes Premières Lectures : J’ai une tendresse toute particulière pour le personnage d’Amiya, pouvez-vous nous en dire un peu plus sur lui, sur sa création ?

Célia Flaux : Amiya est pour moi l’incarnation du courage.

C’est une victime qui lutte, non pour se venger, mais pour protéger ceux qui pourraient souffrir comme lui. Comme son corps a cessé de produire de l’énergie, la société le juge faible et inutile. Il possède pourtant une résilience et une force morale impressionnante. Il est doux, sensible et mélancolique, tout le contraire de la virilité toxique. Amiya lutte sur tous les fronts pour garder son intégrité. Il s’effondre parfois, et se relève toujours.

Mes Premières Lectures : La collection Naos est une collection young adult. Est-ce un public de lecteurs très important pour vous ? Je crois me souvenir que votre roman précédent, l’excellent Le Cirque interdit, publié chez Scrinéo, s’adressait également à cette tranche d’âge mouvante 😊 !

Célia Flaux : Le Cirque Interdit peut se lire un peu plus jeune, car il aborde des thèmes moins sombres. Mais en général, j’aime m’adresser aux adolescents et aux jeunes adultes, car c’est l’âge où chacun cherche sa place et forge son identité. Je pense que se projeter dans une histoire permet aussi de se retrouver.

Mes Premières Lectures : Peut-on envisager de retourner un jour dans l’univers d’Anergique ?

Célia Flaux : Seule Muse le sait…

Mes Premières Lectures : Quels sont vos prochains projets littéraires ?

Célia Flaux : Je travaille actuellement sur une trilogie de fantasy japonaise dont le premier tome sortira chez Bayard en octobre.

Mes Premières Lectures : Malgré la période, avez-vous quelques dédicaces ou rencontres de prévues ?

Célia Flaux : Hélas, le contexte sanitaire ne le permet pas. Vous pouvez toutefois me retrouver sur les réseaux sociaux, sur mon site internet où je publie des articles de blog, et dans ma newsletter, intitulée La lettre du moi(s).

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